Un Poulsard assez riche et coloré (enfin pour du Poulsard) et de belle maturité. Ne se cantonne pas aux charcuteries et volaille. Mais sans aller jusqu'au lièvre et sanglier, tout de même.
Marie Pierre a repris le petit domaine familial en 2008. Très (trop ?) discrète, elle ne fait pas la une des revues. Mais elle n'en chemine pas moins vers une exigence toujours plus affirmée. Le travail au vignoble et ses vins sont de plus en plus aboutis. Ce Chardonnay présente une belle énergie et un tarif compétitif dans une région qui se "starifie" trop vite. Pour des plats crémés, tant de poissons que de viandes blanches.
C'est pas de la Cartagène, pas du Pineau des Charentes, encore moins du Floc de Gascogne ni du Ratafia de Champagne : c'est de la même famille, des mutés sur moût (officiellement des mistelles), mais ça n'est que jurassien. Et c'est bon à l'apéro, sur un gateau aux noix, ou aux marrons, ou aux amandes, ou autres.
Ouillé, donc pas oxydatif; on oublie le voile mais on garde le Savagnin, cépage qui ne cesse de nous enthousiasmer du fait de sa pureté aromatique, sa complexité, sa franchise, sa tenue dans le temps et, et et...
Il a pris le voile ! Un petit vin jaune, pas si petit d'ailleurs. Bien des vins jaunes premier prix qui sentent l'alcool à brûler et la noix rance rougiraient en sa compagnie...
Marie Pierre Chevassu possède un hectare sur le flanc de cette merveilleuse falaise, uniquement plantée de Savagnin; ici, on ne produit que ce célèbre vin de voile. Patience et abnégation sont les maîtres mots pour l'obtention d'un grand jaune, un monument de la viticulture nationale qui ne souffre pas la médiocrité.