
Les Côtes de Gascogne furent longtemps représentées par un immense domaine hégémonique (?). Au pays de l'Armagnac, le vin restait un sous-produit qui ne nécessitait pas forcément une attention et un soin particuliers. Colombard et Ugni blanc récoltés à petit degré et à rendement confortable font effectivement de bons vins de "chaudière". Mais si T......t est un baobab, il cache une vaste forêt, constituée de deux cents vignerons indépendants et huit cent coopérateurs, producteurs essentiellement de blancs (pour 85 % des volumes). Michel Maestrojuan, troisième génération sur le domaine, fait partie des militants pour la biodynamie et l'agroforesterie, convaincu que le succès de l'IGP Côtes de Gascogne construira son avenir avec des vins sains et soignés.
L'entrée de gamme Entras blanc, assemblage de Colombard, Ugni blanc et Gros Manseng est un vin joyeux, rond et frais à la fois, idéal pour un apéro sans chichis, une poêlée de crevettes grises ou des moules marinières. Rares sont les blancs naturels à moins de dix euros aussi appétants.

2022 monte d'un cran le curseur de la concentration et de la maturité par rapport à l'excellent Lo Ceu 2021. Moins de gaz (léger perlant tout de même), fine autolyse, le vin révèle après aération des arômes nets et précis d'agrumes mûrs, sans une once de réduction, suivis d'une bouche cristalline sans notes de lies. Finale structurée par des amers évocant les zestes et des extraits secs ultra salivants. Le Petit Manseng dope littéralement Ugni blanc et Colombard et la fermentation puis l'élevage en fûts et demi-muids, s'il n'apporte aucun boisé perceptible, nourrit la complexité de cette très jolie bouteille. Les rillettes de truite fumée de la Sorgue s'en sont trouvées ravies, mais on peut tolérer d'autres accords...

Une fois n'est pas coutume, un assemblage de cabernet franc et de cabernet sauvignon pour un rosé canon.

Le moelleux de Michel dans lequel il assemble des petits et des gros mansengs, avec un taux de sucre de 55 g/L.
Un vin de dessert à prix... doux (logique).