Cet assemblage Jacquère, Verdesse, Chardonnay se boit à l'envi sur des huîtres, des rillettes de maquereau, des tellines, du pâté de tête, de la rosette de Lyon ou d'ailleurs et sur tout ce que vous voulez (quand même pas des truffes et du caviar).
Persan, Gamay, Pinot et Merlot. Thomas ne se cantonne pas aux cépages autochtones de son Grésivaudan d'adoption, il sait aussi vinifier des cépages classiques. Et c'est très bon, très libre et salivant. On ouvre et partage la bouteille sans états d'âme autour des rillettes, magret fumé, terrine de foie, pain de légumes au fromage de chèvre pour les végétarien, sans fromage (ça marche aussi) pour les végan (pas d'intrants d'aucune origine).

Bernin, en Isère, se situe dans la vallée du Grésivaudan. Thomas Finot, originaire de la Drôme (il y suit toujours la petite production de Crozes Hermitage de sa famille) s'y installe en 2007, séduit par le paysage et pressentant le haut potentiel qualitatif de cette région. Cépages "classiques" et autochtones cohabitent en bon voisinage, mais Thomas ne cache pas son amour pour les vieilles variétés qui ont failli disparaître. Ainsi la Verdesse, présente en Isère depuis des siècles, qui bénéficie du réchauffement climatique pour gagner en équilibre acidité/gras. Aromatique et juteuse, dense sans lourdeur, c'est une bouteille originale pour les poissons en sauce et la viande blanche.
Cugnète et Verdesse ? Mais ça n'en finit pas de ressortir des cépages disparus. Et avec une macération de surcroît ! Rassurez-vous, Cugnète est le petit nom d'une savoyarde bien connue, la Jacquère. Et la macération n'est ni démonstrative, ni excessive. (car force est de reconnaître que certains vins oranges fatiguent par leurs tannins appuyés et leur amertume très prononcée). Un très bon flacon d'initiation pour entrer dans le monde des blancs de macération.
Etrange Etraire : cousine du Persan ? proche de la Syrah ? copine de la Mondeuse ? Elle fut très présente en Isère avant de tomber dans l'oubli. Quelques jeunes vignerons l'ont récemment tirée des limbes et s'appliquent à la comprendre. Nos premières dégustations d'il y a quelques années dénotaient un vin au caractère très vif et "sauvage". Les récents millésimes de Thomas dévoilent au contraire un beau potentiel aromatique, dans un registre floral appuyé, soutenu par des notes poivrées. La bouche déroule des notes de petits fruits sauvages et de sous-bois. Bravo pour la réhabilitation de cette variété indigène adaptée au Grésivaudan et particulièrement originale.