Le nom de ce drôle d'oiseau sonne un peu provoc., non ? Yannick aime l'autodérision, et s'il fut taxé, parfois à juste titre, de naturiste invétéré dont les vins souffraient de dérives, ce Volatil ne présente pas les plus petits prémices du moindre défaut. Délicieux Cinsault à 11.5% vol., archétype du rouge de grillades et de plats d'été. Attention, peu de bouteilles...
Des Grenaches blanc et gris (et un peu de noir), des Terrets blanc et gris, pressurage lent dans un vieux pressoir vertical. Pas un vin "moderne" levuré, vinifié à froid et bloqué au SO2 (pas le genre de la maison). Et pas non plus un blanc "punk", pomme blette et noix rance. Un vrai blanc de table, avec du fond, qui démontre que des cépages devenus très très discrets, ont leur place pour élaborer de jolies bouteilles qui s'associeront à des volailles, un couscous poisson, des accras maison un peu relevés...
On ne peut pas dire que l'Oiselet soit revenu à tire d'aile dans nos rayons (ah, ah) tant nous avons "sauté" de millésimes; mais, avec ce 2022, pas d'états d'âme, nous renouons avec un très bon Yannick Pelletier, toujours franc, digeste, à tendance "nature" bien-sûr mais sans aucun des défauts encore trop fréquents chez trop de "naturistes". Et toujours d'un prix raisonnable et stable.
Prononcez Rôzé ! Oui, c'est un rosé mais la robe tire vers le "rougesé". Pas un rosé piscine mais pas riche et très vineux non plus. Ca titre 12.5 % su r l'étiquette et en fait, c'est plutôt moins de 12. Et puis c'est fringant et délié en bouche. Nature oui et non, Yannick ne s'interdit plus trois gouttes de soufre, mais nous, on ne le sent pas et on préfère ça aux natures qui partent en souris avant que n'arrivent les premiers tapas. Vous l'aurez compris, on aime José aussi bien sur les brochettes et côtes d'agneau, que sur la tomate et autres légumes au four.